Bourgogne, entre brumes et lumières.

une Bourgogne photographiée au fil des saisons, parfois à la frontière entre photographie et peinture.
Péniches amarrées sur le canal de Bourgogne dans la brume hivernale

Photographier un territoire autrement.

Je photographie la Bourgogne depuis quelques années.

Ce n’est pas vraiment un projet que j’ai décidé de commencer un matin. J’y vis tout simplement.

À quelques pas de chez moi, le canal de Bourgogne traverse le paysage.

Autour de lui, les arbres, les maisons éclusières, les champs, les chemins et les villages composent un décor que je retrouve régulièrement.

Et comme souvent en photographie, ce que l’on a sous les yeux tous les jours est parfois ce que l’on met le plus de temps à regarder vraiment.

Photographier près de chez soi

Pas besoin de partir à l’autre bout du monde pour attendre la bonne lumière.

En Bourgogne, elle sait parfaitement se faire attendre toute seule.

Certains matins, le canal disparaît presque entièrement dans la brume. Quelques heures plus tard, le même endroit peut devenir parfaitement banal.

C’est justement ce qui m’intéresse.

Selon la saison, la lumière, le niveau de l’eau ou simplement l’humeur du ciel, un paysage que je connais bien n’est jamais tout à fait le même.

Dijon, La Colombière et les premiers repères

Lorsque je suis arrivé à Dijon, j’ai vécu quelque temps à proximité du parc de la Colombière.

Le canal de Bourgogne passe à quelques mètres de là. À l’époque, je ne pensais évidemment pas que ces lieux finiraient par revenir régulièrement dans mon travail photographique.

La Colombière est restée. Ses grands arbres aussi.

J’y ai notamment réalisé une photographie en noir et blanc où le parc prend une tout autre allure. C’est aussi cela qui m’intéresse : revenir sur un lieu familier et réussir, parfois, à le regarder comme si je le découvrais.

 

Arbres centenaires du parc de la Colombière à Dijon en noir et blanc

La Colombière – Dijon. Un lieu familier, photographié autrement.

 

Le canal de Bourgogne comme fil conducteur

Le canal traverse une grande partie de mon travail photographique sur la Bourgogne.

Il y a les péniches, les écluses, les ponts et les maisons éclusières.

Mais surtout l’eau.

Elle double le paysage, brouille parfois les formes et transforme une lumière ordinaire en quelque chose de beaucoup plus fragile.

Les matins de brume restent évidemment mes préférés.

On distingue moins. Et curieusement, on regarde davantage.

 

Canal traversant un village de Bourgogne sous la brume au lever du soleil

Canal sous la brume – le canal de Bourgogne au fil des saisons et de la lumière.

 

Les arbres aussi

Ils reviennent souvent dans mes photographies de Bourgogne.

Isolés dans un champ, alignés au bord d’une route ou simplement perdus dans le brouillard.

Je ne pars pas vraiment « photographier un arbre ». Je photographie plutôt ce qu’il devient avec la lumière, la saison et ce qui l’entoure.

Un arbre photographié en juillet sous un grand ciel bleu ne raconte pas tout à fait la même histoire qu’en janvier au milieu du brouillard.

Heureusement. Sinon il faudrait trouver autre chose à photographier.

 

Arbre solitaire dans un champ d’hiver à Gevrey-Chambertin en noir et blanc

Petit Gevrey – quand la brume efface presque le paysage.

 

Quand la photographie devient un peu peinture

Une partie de la série Bourgogne, entre brumes et lumières a progressivement pris une autre direction.

Certaines images me semblaient appeler autre chose qu’un traitement photographique classique.

J’ai donc travaillé les tonalités, les matières et la lumière de façon plus picturale.

Pas pour transformer une photographie en tableau. Plutôt pour prolonger une atmosphère déjà présente au moment de la prise de vue.

Certaines lumières, certaines brumes et certaines couleurs m’ont naturellement ramené vers les peintures des XVIIe et XVIIIe siècles.

Des ombres plus profondes.
Des couleurs moins immédiates.
Et cette impression que le temps s’est un peu arrêté.

 

« La photographie, c’est mieux qu’un dessin, mais il ne faut pas le dire. »

Jean-Auguste-Dominique Ingres

 

Je ne suis pas certain que cette formule aurait beaucoup arrangé les relations entre peintres et photographes de son époque. Mais elle me plaît bien.

 

Oies au bord de l’eau sous un pont de pierre à Sainte-Marie-sur-Ouche

Les Oies de Sainte-Marie – une photographie de Bourgogne travaillée dans une approche plus picturale.

 

Une Bourgogne sans carte postale

Je ne cherche pas à dresser un inventaire de la Bourgogne.

Il manquerait beaucoup trop de choses.

Je préfère conserver quelques lieux qui me sont familiers et y revenir régulièrement.

Le canal de Bourgogne.
La vallée de l’Ouche.
Dijon et La Colombière.
Les champs de Côte-d’Or.
Les villages.
Et quelques arbres que je reconnais maintenant de loin.

Cette série continuera donc probablement à grandir.

Sans programme précis. Au gré des saisons, de la lumière et des occasions.

Finalement, photographier un territoire que l’on connaît bien permet surtout de découvrir qu’on ne le connaît jamais complètement.

Et c’est plutôt une bonne nouvelle.

 

Les photographies de cette série sont également proposées en tirage Fine Art.